Ballade parisienne

RER B - Station les Halles. Le forum est en travaux. Cela fait longtemps que je ne suis pas venue là.  C’est comme connaître sans connaître. Sous quelques gouttes de pluie.

chiharusmallroomArrivée Galerie Templon, 30 rue de Beaubourg, au fond d’une cour. Il faut une petite dose de courage pour pousser la porte cochère, mais ensuite la porte de la galerie est laissée grande ouverte.

Chiharu Shiota jusqu’au 25 juillet. La première pièce de l’exposition est un piano. J’y vois un clin d’œil heureux. Puis je pénètre la pièce dédiée à l’installation Small Room qui a donné son titre à l’exposition. Pluie de valises, comme une marée, un déferlement. Je m’assieds sur un banc ; quand je suis arrivée deux valises hoquetaient l’une contre l’autre, brinquebalantes. Le mouvement et le bruit généré ont mis un moment à s’arrêter. J’ai en perspective dans l’autre salle un kimono bleu. Puis le mouvement des valises a repris. Ce n’était donc pas un jeu de hasard et de vent. Bruit de valises en carton donc.

L’exposition compte encore des pièces abstraites que je contemple pour la première fois. J’ignorais cet aspect du travail de l’artiste. Je reste enfin longuement arrêtée devant Miroirs dans la toile, deux disques ronds qui me renvoient l’image de ma main tenant le carnet bleu nuit, l’autre écrivant. Je suis en admiration devant cette image de moi incluse dans l’œuvre. Mon écriture prise au piège.

Il y a toujours dans le fait de visiter une exposition dans une galerie, l’idée d’une solitude exceptionnelle.

Les géraniums dans la cour me ramènent à quelque chose de beaucoup plus simple.

Galerie Laurent Godin, 5 rue du Grenier St Lazare, à deux pas.traquandi

Mes talons résonnent sur le parquet sans que je ne cherche à en étouffer le son.

Des groupes de dessins de Gérard Traquandi forment mur. Des fleurs, des études de tableaux (vierges, descente de croix, groupe de personnages…), des planches anatomiques, des feuilles évoluant vers buisson, et puis des choses beaucoup plus libres pétales de fleurs à main levée au bic cristal ou pigments noirs à l’huile sur papier arches faisant tache.  

Cet accrochage, fait de multiples cadres, forme un étalement dithyrambe que l’on contemple tout autour de soi et qui finit dans un vertige.

Je repars avec un très beau livre serré contre mon cœur. 

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