Contrechamps

François ArnalJe suis de ceux pour qui l’art est une question de SURvie. C’est aussi la première phrase qui me vient à la bouche quand je vois la vitalité de François Arnal, 87 ans, dans son travail quotidien à l’atelier et ses projets et notamment cette collaboration récente avec Christophe Goutal.

Contrechamps, est l’aventure conjointe de François Arnal et Christophe Goutal, qui se donne à voir sous forme de sept tableaux à la galerie Exit à Boulogne. Ces deux-là se connaissaient. Christophe Goutal travaillait déjà avec la galerie Exit quand il propose il y a quelques mois une collaboration avec Arnal. Ce sera alors trois mois de rendez-vous, toujours le dimanche, à peintre sur des plaques de plexi retenues par un étau. Les artistes se font face, interviennent l’un avec l’autre, l’un sur l’autre, l’un contre l’autre avec l’énergie, la liberté et le plaisir de peindre qui les caractérise tout deux. Car si quarante ans les séparent, ils se rejoignent sans effort sur un terrain commun : celui de la liberté.

Je connaissais le travail de François Arnal, moins celui de Christophe Goutal. Aussi ai-je cherché quel langage ils avaient en commun. Quel lien formel ou quel discours pouvait unir François Arnal qui a traversé comme un météore l’histoire de l’art de la seconde moitié du vingtième siècle (abstraction lyrique, art informel, nouveau réalisme) et Christophe Goutal sorte d’alchimiste, dont les œuvres protéiformes se jouent des médiums et des conventions.

Christophe GoutalC’est en contemplant la peinture de Christophe Goutal que la réponse à mes interrogations m’est venue, en toute évidence. Ce n’est certes pas ce qu’il montre au premier abord, notre époque empruntant plus volontiers d’autres formes d’expressions ; pour autant c’est la partie de son œuvre, dénuée de cynisme et de provocation, que je préfère.

J’imagine alors sans mal ce que les deux ont du trouver, de jubilation commune, à répandre leurs signes. Leur écriture est à la fois un jeu, une exploration, un questionnement, un plaisir partagé. Le langage est abstrait, mais pour qui sait s’abandonner à la musicalité des signes, ils égrènent un monde positif et en mouvement. Un intense sentiment de liberté se partage d’œuvre en œuvre. Ce type de peinture ne se comprend pas, il se ressent et se rencontre. C’est un voyage incertain, sans destination ni date de retour. Il faut accepter de perdre ses repères et de se laisser porter. Ainsi entre-t-on dans la contemplation, le plaisir esthétique pur.

dimancheEt le travail à 4 mains, ne fait que renforcer ce sentiment de vie, d’aventure. Les artistes ont également fait le choix, avec la galerie, de présenter les œuvres, telles qu’elles avaient été travaillées : prises dans un étau. J’aime beaucoup ce choix ludique qui résonne encore du travail à l’atelier. C’est un beau clin d’œil et une présentation originale qui permet de profiter pleinement de la transparence du support.

L’exposition est présentée à la Galerie Exit jusqu’au 23 Juillet. Il ne faudra donc pas tarder. Mais la collaboration des deux artistes va se poursuivre, et l’on devrait pouvoir retrouver ce travail sur le stand de la galerie au Chic art Fair à l’automne.

Photos : courtoisie de la galerie Exit.

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