Alechinsky au Musée de l'Hospice St Roch

Il y a des lieux en Province qui mériteraient d’être mieux connus. Le musée de l’Hospice St Roch à Issoudun en fait partie. De grands artistes, notamment de la seconde moitié du vingtième siècle, tels Zao Wou Ki, Jean-Pierre Pincemin, Etienne Martin, François Arnal y ont été récemment exposés. Chaque exposition est présentée avec sérieux et témoigne souvent d’un réel engagement du musée auprès des artistes.Fata

Jusqu’au 18 septembre 2011, le musée de l’Hospice St Roch présente le travail de collaboration entre Pierre Alechinsky et les éditions Fata Morgana. Il ne faudra pas manquer d’acheter le catalogue de l’exposition, qui permettra de prendre toute la mesure du lien qui unit la peinture d’Alechinsky et le monde de l’écriture, notamment de la poésie. J’y emprunte cette phrase formidable sur « les rapports entre peinture et écriture, comme l’envers et l’endroit, le lisible et l’illisible ». Au long de l’exposition, on croisera de nombreux dessins, eaux-fortes, estampes, lithographies et quelques toiles (plus exactement grands papiers marouflés sur toile). On baigne donc en plein dans l’univers d’Alechinsky, univers d’encre et de papiers (j’insiste sur ce pluriel), univers où le trait laisse respirer la couleur ou son absence.

merQuand on aime Alechinsky, on voudrait se souvenir de tout, ses arabesques forcément nous emportent… j’ai particulièrement aimé les paysages de mer : les vagues, les oscillations, la fumée d'un navire qui se perd au ciel, la pluie qui rejoint la mer, toute cette eau qui se mêle à l’encre, quand même le bord du dessin tremble, c’est la houle…

A noter également une sculpture qui accueille le visiteur à l’entrée de l’exposition. Je n’avais encore pas rencontré de sculpture d’Alechinsky. Elle ressemblait à ses chimères ; pour moi, à la fois curieuse et totalement familière.

Petit lexique :

gravure : ensemble des techniques utilisées dans le domaine des arts pour la reprographie, notamment par incision du support (bois, plaque de cuivre…).

lithographie : procédé de gravure qui utilise une pierre. Le tracé est exécuté directement sur une pierre à l’aide de stylo ou encre lithographique. La pierre est ensuite imprégnée d’eau, puis l’on dépose une encre grasse à l’aide d’un rouleau. L’encre reste sur la pierre uniquement aux endroits imprégnés du gras du dessin. On effectue un passage par teinte.

eau-forte : procédé de gravure sur une plaque métallique à l'aide d'un mordant chimique. Cet acide (acide nitrique à l’origine), étendu d’eau est appelé eau-forte. L'eau-forte est un procédé de taille indirect par morsure du métal par un acide, par opposition à ceux obtenus par taille directe à l'aide d'outils tels burin ou pointe sèche. Sur la plaque de métal préalablement recouverte d’un vernis à graver, l'artiste dessine son motif à la pointe métallique. La plaque est ensuite placée dans un bain d’acide qui "mord" les zones à découvert et laisse intactes les parties protégées. Après nettoyage du vernis, la plaque est encrée et mise sous presse.

estampe : résultat de l’impression d’une gravure sur bois ou sur métal, ou d'un dessin sur pierre. Le terme inclut la gravure traditionnelle et toutes les réalisations obtenues par quelque élément imprimant pourvu que ce dernier ait été préparé manuellement. Une estampe «originale » est celle dont la plaque a été réalisée par l’artiste.

mer noire, papier marouflé sur toile

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