L'atelier de Jean-Gilles Badaire

2 juin 2012 - Visite de l’atelier de Jean-Gilles Badaire

Grande porte qui donne sur une cour qui a l’air d’un jardin.

Le chat qui dort sur la table sous la ramure.

L’atelier lui, est fait de recoins, comme les cloisonnements d’un cerveau.

Espaces – rangements – écriture – stock – accumulation d’objet – peinture.

Toile et papier. Vertical, horizontal.

Les objets mus par un principe d’accumulation spontanée.

L’atelier est plein de pierres volcaniques. Les toiles sont des pierres, les pots qui recouvrent la table de travail sont des pierres, les livres sont des pierres, les objets des pierres, les dizaines de toiles, les centaines de dessins, nombreux comme les jours passés. Les lourdes chaussures noires.

La noirceur du lieu m’étonne. Il n’y a pas que les pigments et le bitume à entretenir cette atmosphère d’Œuvre au noir. 

Sensation de richesse dans l’exigüité, exigüité par trop plein. Art non-minimal.

En haut des marches, un petit bureau jonché de papiers, juste derrière une bibliothèque, juste derrière une réserve. La rambarde supporte un tas de toiles libres amoncelées. La vision en surplomb de l’espace de travail.

Une antre, l’estomac des tiroirs cavés de dessins triés par saison. « Je travaille tous les jours ».

Rien n’est en ordre. Chaque chose pourtant occupe la place qui lui a été à un moment attribuée.

S’asseoir au centre de cet univers. Attendre, sol, murs, que la peinture, pigments, craies, poudres, huile, solvants, se lient en une substance antédiluvienne... Cette matrice primordiale que je suis venue guêter.

Après les mots… Les phrases même étaient de trop…

 

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