Daniel Buren In Situ

In Situ, voilà longtemps que l’artiste Daniel Buren, qui n’a pas d’atelier, revendique cette pratique. Mais peut-être cette dénomination n’a-t-elle jamais été aussi exacte et aussi légitime qu’à Catanzaro. L’étymologie latine de l’expression renvoie à « ce qui existe sur place » et est notamment employée dans le domaine de l’archéologie, ainsi que dans celui de l’art contemporain. Daniel Buren

Depuis le 27 Juillet et jusqu’au 14 octobre 2012, l’exposition « Construire sur des vestiges : d’un éphémère à l’autre. Travaux in situ.(*) » sur le site di Scolacium Catanzaro, Italy, présente un ensemble d’œuvres de Daniel Buren.

Construire sur des vestiges, comme j’aurais aimé travailler sur ce thème ! La ruine est poétique par essence. Daniel Buren dans les diverses installations qu’il a proposé entend dans une alchimie qui frôle la perfection, renforcer les éléments existants, et remplir les vides. Autour de la ruine, tout aura été dit et compris dans la plus parfaite intelligence.

Lorsque l’on connait les colonnes de Buren situées Place du Palais Royal à Paris, on ne peut que sourire et acquiescer lorsqu’il complète l’échiquier des colonnes du site. C’est du Buren, assurément, on repère immédiatement la déclinaison de ses marques de fabriques. Mais l’on peut aussi saluer le geste, tout bonnement incontournable, une rare évidence.

Daniel Buren l'oliveraieDans l’oliveraie, Buren a dressé de petits murets rayés autour des arbres. Utilitaires, ils retiendront l’eau pour abreuver les arbres, ils rythment aussi le champ, marquant l’intervention de la main de l’homme, la maîtrise de la nature, de ses cultures. C’est une attention portée au paysage. Le vert des rayures, là encore était une buren5évidence.

Ailleurs on retrouve une cabane tapissée extérieurement de miroirs, qui renvoient le paysage alentour en une vision discrète et à la fois grandiose. On se rappellera une installation sur le même mode dans les jardins de la villa Médicis.cabane

Le parcours se poursuit également à l’intérieur du musée. Ainsi que sur les murs en ruines où des fenêtres au verre jaune ou rose ont été posées et au cœur du théâtre antique avec un mur en miroir.

 

colonnesJe connais le travail de Daniel Buren. Je comprends la plupart de ses interventions. Mais j’avoue avoir cette fois été profondément et particulièrement touchée. L’artiste, qui avait déjà travaillé sur le motif de la colonne, familier de ce terme si latin de « In Situ », a peut-être atteint là, la part des anges.

Tous les projets d’un grand artiste sont estimables. Mais parfois, on y trouve une sorte de supplément d’âme, parce que toutes les conditions de la rencontre sont réunies. Ce n’est plus seulement un exercice réussi, mais un épanouissement. Sur les vestiges, se sera épanouie la pratique de Daniel Buren, abolissant la distance entre passé et présent.   

(*) Intersezione VII. Costruire sulle vestigia : impermanenze. Opere in situ

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