Salon de Montrouge

Vendredi dernier, j’arpentais les allées du Salon de Montrouge, dédié à la jeune création.montrouge

Cette année 2700 dossiers ont été reçus, pour 73 artistes sélectionnés par Stéphane Corréard entouré d’un collège critique composé de critiques d’art, de commissaires d’expo, d’un écrivain, d’historiens de l’art, de galeristes et présidé par Bice Curiger… La scénographie a été confiée à Matali Crasset, rien de moins.

Cette édition se déroulait au Beffroi. L’entrée de la manifestation est gratuite, l’accueil agréable. La majorité des artistes sont regroupés au rez-de-chaussée. La scénographie aérée ménage des vues latérales, des percées entre les travées tout en gardant un plan relativement géométrique qui fait qu’on y circule parfaitement. Chaque artiste est signalé, son nom clairement identifié et un texte accompagne le travail qui est présenté. L’architecture du lieu, avec son immense cage d’escalier, et ses allures de cathédrale font que l’on comprend moins bien ce qui se passe au premier et au second étage et quelles particularités regroupent les artistes exilés dans les étages.

Au-delà de ma visite, c’est au catalogue du salon que je veux rendre hommage. Ne faites pas l’économie des 10euros que constituent son prix de vente, c’est un objet essentiel !

 Travail de Marie ZawiejaJ’ai débuté sa lecture par les pages consacrées aux artistes que j’avais particulièrement aimé : Florent Audoye et son utilisation ironique des formulaires en tout genre, Léa Barbazanges, Marta Caradec et ses extraordinaires cartographies (mon gros coup de cœur), le travail textile de Sandra D. Lecoq, les abstractions de Charlotte Develter, l’atelier de Marie Zawieja.

Travail de Marta Caradec

Mais au-delà des artistes pour lesquels je pouvais éprouver un élan naturel, la lecture des autres textes critique m’a permis de pénétrer d’autres démarches dont je me souvenais mais que je n’avais pas retenu au premier abord, parce que plus éloignées de mes propres pratiques, ou plus hermétiques à ma propre sensibilité, les textes rendant tout à coup la contemplation possible, suscitant même de l’intérêt. Comme pour les sculptures de Romin Walter, où il est question de poids, de tension des objets en équilibre dans l’espace de représentation, questions essentielles au domaine de la sculpture. Comme pour cette visite dans l’atelier de Sépand Danesh qui rend compte de sentiments très humains et explicite ses peintures mettant en scène des cartons.

Le collège critique partage aussi des moments particuliers, passés à sélectionner les dossiers artistiques, à discuter avec les artistes ou à visiter les ateliers.

Le catalogue est donc un objet particulièrement réussi. Je tiens notamment à souligner la facilité de lecture de l’ensemble des textes critiques, leur clarté éclairante et leur forme de générosité. 

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