Biennale di Venezia 2013 - Arsenale

Arsenale, samedi 14h.

Premier espace d’exposition, je croise une pièce que j’ai déjà vue en photo dans divers articles consacrés à la Biennale. Ca ressemble à un vestige corsaire trop longtemps englouti, à une concrétion minérale ou à une pièce pillée au temple d’Angkor… et bien sûr, ce n’est rien de tout cela. Belinda est le titre de cette sculpture, dernière née des technologies d’impression 3D imaginée par Roberto Cuoghi. Impressionnant

Roberto Cuoghi Hans Josephsohn Phillida Barlow

Dans la salle voisine, le travail de Hans Josephsohn lui fait echo. Ce sont des sculptures à la limite de la figuration, des masses de glaises qui évoquent des bustes, des masses corporelles proches de la statuaire cycladique ou des pierres levées d’avant que ne débute l’Histoire de nos civilisations. On voudrait les embrasser, je veux dire les enserrer comme on le fait d’un tronc d’arbre pour y puiser une énergie vitale. Fondamental

Plus loin, et comme émergeant de l’ombre de l’antre du dragon, trois pièces de Phillida Barlow (Untitled 2012) défient l’apesanteur. Accumulations de matériaux et objets incongrus, voir de déchets, ces masses épaisses lévitent à quelques dizaines de centimètres du sol. Je suis pour ma part séduite par ce chant barbare. Brutal

La pénombre de la corderie baigne le travail de Danh Vo, artiste d’origine vietnamienne. Les vestiges d’un temple bouddhique remonté pour l’occasion cotoie des tentures sans doute récupérées dans une église orthodoxe. On y voit l’empreinte passée d’icones, de candélabres, des polyptiques… Mystique

Danh Vo Petrit Halilaj Pavillon de l'Indonésie

Nous visitons ensuite les pavillons dédiés. Alfredo Jaar pour le Chili nous invite à gravir quelques marches jusqu’au sommet d’une estrade. Avant de voir ce qui accapare l’attention du public, je repère un reflet aquatique au plafond. En haut, la foule se presse autour d’un bassin. Fascination pour une eau verte saumatre mais inodore. Opaque

Belle rencontre au pavillon du Kosovo. Petrit Halilaj y a érigé une sorte de cabane faite de fins branchages assemblés par de la boue. L’ensemble est d’un abord très sombre, si ce n’est la lumière dorée qui irradie au ras du sol. Le spectateur est invité à y pénétrer, et par un fin hublot, il pourra apercevoir une sorte de paysage, beaucoup plus lumineux. Chamanique

Pavillon de l’Indonésie : les bancs calcinés d’une école sur lesquels s’ouvrent des livres d’une épaisseur hors norme, l’alignement monotone de poteries en terre cuite, et un théâtre de marionnettes traditionnelles en papier. Dépaysant

Au pavillon Turque, une série de vidéos se proposent de mettre à l’épreuve la résistance du corps. Un calligraphe y voisine un tatoueur, le bruit du dermographe devient vite insupportable, le son de la souffrance. Dérangeant

Pavillon de la Lettonie, un arbre suspendu la tête en bas se balance régulièrement. Au gré de cet incessant mouvement, l’arbre a perdu des morceaux de branches et d’écorce. Ces scories restent immobiles, collées au sol. Hypnotisant

Laurence CarrollAu pavillon du Vatican, je fais une ultime rencontre avec l’artiste Laurence Carroll. Sa peinture se compose de morceaux de toile cousus, enduits et tendus sur châssis. La surface délicatement colorée forme comme une peau brillante. La subtilité de cette peinture tient à sa délicate matérialité, à l’économie de moyens (on pense au silence de la peinture de Morandi, auquel l’artiste a d’ailleurs rendu hommage) mais aussi à sa présence incontestable, car ce sont des toiles lourdes et monumentales. Essentiel

Biennale di Venezia 2013 - Giardini

Giardini, samedi 9h30. Nous prenons un café en terrasse car la biennale n’ouvre qu’à 10h.

« La Belgique, c’est privé. » Tiens donc, je n’imaginais pas… Notre visite commence bien !

Lara Almarcegui

Maria Lassning Lynette

En Espagne, c’est un déferlement de gravats, un matériau pauvre qualifié d’émouvant par l’artiste Lara Almarcegui. 500m3 de gravats, 255 m3 de briques et de mortier, 152 m3 de ciment, 150m3 de graviers, 1m3 de tuile, du sable, du verre, de l’acier forment ces entassements… ça sent la poussière. Minéral

A l’intérieur du pavillon central, performance entre une voix type beatbox et une danseuse. Tous deux sont assis par terre. Les sons que l’homme parvient à produire sont assez hallucinants. J’ignore s’ils ont été conviés à se produire ou s’il s’agit d’une intervention spontanée. Réjouissant

Je poursuis ma route. Peintures aux couleurs étonnamment acidulées de Maria Lassning. Sous l’œil pétillant de son cochon d’inde...

Noir sur noir. Ainsi se présentent les peintures de Lynette Yiadom-Baakye, une jeune artiste d’origine ghanéenne. Des portraits, on en a tous vu. La délicatesse de ces peintures à l’huile de facture presque classique et leur force aussi, tient à la difficile profondeur des couleurs sombres, des bruns, des bleus, des noirs, de l’ombre du décor et des arrières plans, mais aussi de la peau sombre des personnages, nous rappelant que la grande peinture n’a pas beaucoup donné forme à des vénus noires. Voilà chose faite.  

CordierAutre morceau de peinture : la mer du nord vue par l’artiste belge Thierry de Cordier.

Et plus loin, une tentative somme toute assez proche, la couleur du ciel du nord que Klaus Peter Brehmer retranscrit heure par heure sur papier millimétré. L’humeur du ciel donne ainsi lieu à une succession de touches colorées qui parlent autant du paysage, de son étude attentive que du temps qui passe. Poétique

Pavillon finlandais. Chaque geste a son utilité, chaque chose sa place. Ces tentatives, énumérées au fil des images par l’artiste Antti Laitinien (vidéo et photographies) témoignent d’une volonté quasi scientifique de mesurer le monde à l’aulne de ses bras, d’en évaluer le poids, la résistance, la surface… Exemples.

Tree reconstruction 2013, vidéo dans laquelle on voit un homme abattre un arbre à la hâche, le débiter en morceaux puis le réassembler à l’aide de gros clous. On retrouve ces mêmes arbres à proximité du pavillon.

finlande Sarah Sze Sarah Sze

It’s my Island VII 2007 vidéo constituée de trois séquences projetées coude à coude présentant différents temps de l’édification d’une île par l’artiste, déplaçant et empilant de gros cailloux.

Lake deconstruction 2011 photographie d’un lac gelé, d’où l’artiste extrait des briques dont il se sert pour édifier un mur. Rigoureux

A quelques pas de là, le pavillon américain reçoit le travail joyeux et prolifique de Sarah Sze. Là encore, on pourrait parler d’un travail quasi scientifique, mais dans une tentative expérimentale et abstraite. Il s’agit plus d’empiler jusqu’au point de chute, de percer pour reccueillir la sciure, de tendre des câbles sur des poulies pour le plaisir de tendre des fils colorés, de disperser de l’énergie, donnant l’illusion d’une chaine de production. Résolument ludique

Pavillon de la Roumanie. Nous pénétrons dans un vaste espace vide.

Où que se perdent nos yeux, les murs sont blancs, et l’espace vacant. Il faut un moment pour admettre que les déambulations des deux êtres présents ne doivent rien au hasard ; ils performent. L’homme finit par s’agenouiller, plaque son oreille gauche contre le sol de marbre et lance dans l’espace vibrant d’un grand silence, un cri qui résonne dans les basses : « RO-MANIA ». On s’attarde un peu, par respect pour les artistes… Courageux

Pavillon australien, à ciel ouvert.

Simryn Gill Ai Weiwei

Une grande série de dessins très délicats de Simryn Gill, comme un vol de papillons ou de feuilles portées par le vent, est offerte à l’action du vent, du soleil et de la pluie, le temps de la biennale.

Et aussi une collection d’anneaux, bagues glanées au cours de déambulations qui donnent naissance à des compositions abstraites ou à des semblants de bijoux ethniques lorsqu’on les enfile sur un câble d’acier. Délicat

Citons aussi une installation de Ai Weiwei au pavillon allemand, constituée de tabourets empilés. L’architecture ainsi constituée grimpe jusqu’à la verrière. Acrobatique

Au pavillon français, Anri Sala présente Ravel, Unravel, une mise en scène autour du concerto pour la main gauche de Maurice Ravel. Si la sonorisation du site et l’écoute du concerto ravit les mélomanes, je me pose pour ma part la question du rôle de l’artiste et de ses choix dans ce travail. Car j’ai plus l’impression d’être le jouet d’un scénographe que d’un plasticien. Et sui-je venue pour cela ? La transversalité des pratiques a sans doute des limites… Musical

Merveilleux Giardini, il faisait bon déambuler sous les feuillages…

Alexandre Hollan à Chambord

Visite au Château de Chambord de l’exposition consacrée à Alexandre Hollan.

La visite commence par de grandes toiles présentant le motif cher à l’artiste : des arbres. Le noir s’impose rapidement comme la couleur dominante. Au second étage du château l’exposition semble un peu à l’écart de la foule cosmopolite et internationale qui se presse dans la célèbre demeure de François premier.

Hollan à Chambord


Hollan à Chambord - Ocre bleuDes grands formats, à la graphie si particulière, on passe à des œuvres plus subtiles, des petits formats, des fusains, des natures mortes. Les noirs absolus semblent servir de poutres maitresses, à l’équilibre d’autres couleurs : une toile rouge, le bleu-vert d’une écorce qui se dilue à la périphérie d’un dessin, une magnifique toile ocre où un ocre-bleu (je viens d’inventer ce terme pour l’occasion) laisse apparaitre à la marge du jaune citron. C’est magistral. Mais ça ne tient si bien que grâce à la profondeur du noir qui occupe la majorité des toiles autour.

Les natures mortes appelée « vies silencieuses » sont magnifiques. Elles empruntent un chemin où la matière peinte (sujet) devient matière à peindre (médium) en une absolue métamorphose. Je ne peux m’empêcher de penser aux couleurs sourdes et à la sobriété de Morandi, bien que les objets occupent plus d’espace, semblant dilater la surface peinte. Ce n’est sans doute pas un hasard si Hollan s’est vu offrir une exposition en 2011 au Musée Morandi de Bologne.  

Hollan à Chambord - Vie silencieuseDans une salle plus intime, baignée dans la pénombre, nous est présenté un dessin à l’acrylique accompagné d’une vidéo montrant Alexandre Hollan peignant ce même dessin, sur le motif. On le voit s’avancer dans la nature, son carton à dessin sous le bras ; il en sort deux feuilles de papier, en vérifie le grain, s’assied dans l’herbe, prépare son matériel (casserole, eau, tube d’acrylique noir). Le carton à dessin qui lui sert de support doit être appuyé sur une grosse pierre. Puis le travail commence. La main du peintre est filmée en gros plan. On voit les premiers traits se former, le pinceau noir d’encre, la main s’abaisser, se relever, le geste se suspendre, l’attente… L’attente de la convergence entre le regard assidu porté sur le trait, puis l’arbre, puis le trait à nouveau ; ce trait qui est à la fois l’arbre et un morceau de peinture, c’est-à-dire une entité autonome avec sa vie propre, et ses lois. Mais qui se doit aussi d’incarner une branche d’arbre.  

Hollan à ChambordJe connais ces gestes. Le regard, en haut, en bas, l’attente, la convergence, la main qui reprend son geste. Pour autant je m’interroge. Voilà bien longtemps que je n’avais plus envisagé la possibilité de peindre sur le motif, en plein air. Il y a aussi la question du paysage et de la nature morte. Est-ce que ce sont encore des sujets contemporains ? Hollan a passé sa vie à tourner autour. Sa vie devenant d’ailleurs une ascèse autour de ces motifs. Peut-on encore imaginer une vie de peinture, organisée comme cela entre la nature et l’atelier, à l’instar d’une philosophie de vie essentielle et très simple ?

Jusqu’ici je me suis toujours dit que la contemporanéité nécessitait d’être fortement présent dans le monde. Pour légitimer mon propos, je reprends ici une phrase d’Antoni Tapies dans la Pratique de l’art : « Je conçois difficilement l’acte de création si on ne le fait pas dépendre à la fois d’un mouvement profond de l’être et des réactions aux circonstances – temporelles, géographiques, culturelles. »

Mais il faut croire qu’il est différentes sortes de créateurs. Certains empruntent les voies de l’art comme un chemin assez intérieur de méditation. Cette attitude me semble enviable dans une certaine mesure, car elle cherche à faire la paix avec son environnement proche, et dans le travail quotidien à poursuivre patiemment cette quête ténue. Mais le monde me semble tourner à une vitesse mille fois plus vertigineuse…

Alexandre Hollan à Chambord jusqu'au 1 septembre 2013, avec L'Expérience de Voir.

Alexandre Hollan est représenté par la Galerie Vieille du Temple.

Salon de Montrouge

Vendredi dernier, j’arpentais les allées du Salon de Montrouge, dédié à la jeune création.montrouge

Cette année 2700 dossiers ont été reçus, pour 73 artistes sélectionnés par Stéphane Corréard entouré d’un collège critique composé de critiques d’art, de commissaires d’expo, d’un écrivain, d’historiens de l’art, de galeristes et présidé par Bice Curiger… La scénographie a été confiée à Matali Crasset, rien de moins.

Cette édition se déroulait au Beffroi. L’entrée de la manifestation est gratuite, l’accueil agréable. La majorité des artistes sont regroupés au rez-de-chaussée. La scénographie aérée ménage des vues latérales, des percées entre les travées tout en gardant un plan relativement géométrique qui fait qu’on y circule parfaitement. Chaque artiste est signalé, son nom clairement identifié et un texte accompagne le travail qui est présenté. L’architecture du lieu, avec son immense cage d’escalier, et ses allures de cathédrale font que l’on comprend moins bien ce qui se passe au premier et au second étage et quelles particularités regroupent les artistes exilés dans les étages.

Au-delà de ma visite, c’est au catalogue du salon que je veux rendre hommage. Ne faites pas l’économie des 10euros que constituent son prix de vente, c’est un objet essentiel !

 Travail de Marie ZawiejaJ’ai débuté sa lecture par les pages consacrées aux artistes que j’avais particulièrement aimé : Florent Audoye et son utilisation ironique des formulaires en tout genre, Léa Barbazanges, Marta Caradec et ses extraordinaires cartographies (mon gros coup de cœur), le travail textile de Sandra D. Lecoq, les abstractions de Charlotte Develter, l’atelier de Marie Zawieja.

Travail de Marta Caradec

Mais au-delà des artistes pour lesquels je pouvais éprouver un élan naturel, la lecture des autres textes critique m’a permis de pénétrer d’autres démarches dont je me souvenais mais que je n’avais pas retenu au premier abord, parce que plus éloignées de mes propres pratiques, ou plus hermétiques à ma propre sensibilité, les textes rendant tout à coup la contemplation possible, suscitant même de l’intérêt. Comme pour les sculptures de Romin Walter, où il est question de poids, de tension des objets en équilibre dans l’espace de représentation, questions essentielles au domaine de la sculpture. Comme pour cette visite dans l’atelier de Sépand Danesh qui rend compte de sentiments très humains et explicite ses peintures mettant en scène des cartons.

Le collège critique partage aussi des moments particuliers, passés à sélectionner les dossiers artistiques, à discuter avec les artistes ou à visiter les ateliers.

Le catalogue est donc un objet particulièrement réussi. Je tiens notamment à souligner la facilité de lecture de l’ensemble des textes critiques, leur clarté éclairante et leur forme de générosité. 

Drawing now Paris 2013

 

 

Maria Loizidou - Paysage lointain 2012


logo2 copyDrawing Now Paris 2013

 

 

 

Mon premier élan au salon du dessin contemporain est allé vers Maria Loizidou, réprésentée par la Galerie Maria Lund et sur le stand de laquelle l’artiste présente un bel ensemble de pièces : dessins, installation en dentelle de fil de fer et une curieuse construction de papier. Everything is possible… est le titre que l’artiste donne à cet ensemble. Beau programme qui se décline sous diverses formes, matières et même façon de les regarder, de leur tourner autour ou au contraire de plonger le regard en dedans.    

J'ai été également ravie de retrouver sur plusieurs stands, Barthelemy Toguo, un Monsieur dont j’aime beaucoup le travail puissant et habité, d’origine Camerounaise mais dont la renommée a depuis longtemps franchi les frontières du continent africain. Cette présence forte (Galerie Nosbaum et Reding - luxembourg, galerie Lelong, et galerie Hadrien de Montferrand-Pekin), fait sans doute écho à la belle actualité que l’artiste propose en ce moment et que l’on pourra retrouver dans un catalogue intitulé Talking to the Moon. Je feuillette le-dis catalogue sur le bureau de la galerie Lelong... 

 

Richard Mûller - Arbres à Flurlinger Badi (3)', 2013, gouache et crayon aquarellable sur papier, 80 cm x 110 cmLe stand de la Galerie La Ferronnerie / Brigitte Négrier est particulièrement séduisant et poétique avec une série de paysages sauvages ou urbains, sous-bois, immeubles, couleur ou noir et blanc de Richard Müller. La technique parfaitement maitrisée est très délicate.

Mais mon œil n’est sans doute pas neutre et mon travail m’oriente immanquablement dans mes choix et mes attirances. Ainsi le travail de Cathryn Boch sur le stand de la Galerie Claudine Papillon qui mêle dessin, papiers pliés et intervention de fils tirés retient mon attention. C’est également le cas des Cosmocibles de Chantal Fontvieille à la Galerie Françoise Besson.Cathryn Boch

Sur le stand de la Galerie Isabelle Gounod, je retrouve les derniers paysages de Jérémy Liron, une série intitulée Images inquiètes, assez sombres et plus difficiles que d'autres séries antérieures. Et le travail d’Isabelle Lévénez, fragiles images tendues au dessus du vide dont j’avais manqué l’exposition Chambre d'attente à l’automne.

Je retrouve également le travail de Pizzi Cannella à la galerie Placido. Je m’attarde à feuilleter les catalogues de l’artiste qui présentent à la fois ses dernières recherches en céramique et un nouvelle direction dans le travail de l’artiste qui l’entraine vers l’Asie, tout en m’abandonnant à l’accent italien bien teinté du galeriste.

Chez Lucie Weil et Seligman, je retrouve le travail de Vanessa Fanuelle qui présente une pièce sur notre exposition collective Beyond my Dreams à la Galerie Mondapart.

Du côté des galeries émergentes, l’ambiance est particulièrement sympathique. C’est là que s’opère mon gros coup de cœur pour le tout dernier artiste qui vient de signer chez ALB Anouklebourdiec, Yannick Vey. Deux pièces sont exposées, des découpages de papier au scalpel, rehaussés à l’aquarelle, présentés dans des caisses américaines sans fond. L’effet est étonnant. Je me suis promis d’aller voir sa première exposition personnelle à la galerie. J’ai hâte de mieux connaître l’univers de cet artiste de 38 ans qui n’avait encore pas de galerie pour le représenter. Avide et impatiente donc que mon coup de cœur s’affirme, se conforte, se concrétise peut-être…

Dernier clin d’oeil au sein du Musée imaginaire : une vidéo, qui n’est pourtant pas mon médium de prédilection,  de l’artiste anglais tout juste diplômé Sai Hua Kuan. On en trouve des exemples sur Youtube si vous voulez vous faire une idée. Space drawing...

Rendez-vous l’année prochaine.

Informations complémentaires :  

Barthelemy Toguo au

Musée d'art moderne de Saint Etienne,
Du 23 février au 26 mai 2013
http://www.mam-st-etienne.fr/

et Hidden Faces, à la Galerie Lelong
Du 7 mars au 4 mai 2013 - http://www.galerie-lelong.com/fr/expositions.html - "Pour sa deuxième exposition à la Galerie Lelong, l’artiste couvre les murs de dessins et le sol de tapis tressés par des femmes bamiléké du Cameroun, afin de créer un lieu de rencontre favorable à la causerie, à la palabre."

Et Pizzi Cannella au Musée d'art Moderne de St Etienne, présentait Chinatown, du 17 Septembre au 20 novembre 2011 - http://www.mam-st-etienne.fr/index.php?rubrique=31&exposition_id=181

 

 

 

 

 

 

 

Journée d'installation

Brève de blog pour vous faire partager les coulisses d’une exposition.

J’installais hier une pièce textile à la galerie Mondapart dans le cadre d’une exposition collective. Nous sommes 17 artistes, réunis à l’invitation de Marie Deparis Yafil la commissaire, autour du thème Beyond my Dreams.BMD LOGO DEF

Nous, les artistes, ne nous connaissons pas. Je rencontre également la galeriste et découvre les lieux pour la première fois.

De l’anxiété donc ; mêlée à de la joie, de la fierté et de l’excitation. Un bon cocktail pour se tenir en éveil ! J’avale la route sans que les kilomètres ne me pèsent. Aller et retour dans la journée.

Accueil chaleureux, sourires et prénoms échangés autour d’un café.

Et puis l’on se met au boulot. Ma robe de mariée trouvera sa place dans l’une des vitrines de la galerie, je bénéficie d’une lumière naturelle, d’espace. Je suis séduite.

A côté de moi s’active Sandra Krasker qui installe une série de dessins sous plexiglas. Ils figurent un homme endormi. La scène est comme difractée par la multitude des images qui se reprennent les unes les autres, se complètent, se répondent. L’accrochage aérien est enrichi de plumes suspendues par de très fins fils. Les dessins sont séduisants, suaves voilà le terme. Certains détails relevés d’un brun orangé. Le gris estompé sur le blanc du papier, c’est très élégant. Il y a de solides bases classiques de dessin derrière tout cela, mais l’on oublie la virtuosité du trait pour céder au plaisir de la contemplation. L’installation est résolument contemporaine. Sur son site d’autres installations témoignent de ce souci de renouveler ce médium qu’est le dessin académique d’après modèle vivant. Ernest Pignon Ernest n’est sans doute pas très loin de ses pensées…

 
galerie mondapartgalerie mondapart2882593 10151517786234271 820581828 oIMG 17012

 

De son côté, Sandra me demande si j’ai pensé à Marcel Duchamps en construisant ma robe de mariée. Tiens, non! C’est pourtant vrai qu’il y avait cette œuvre intitulée La mariée mise à nue par ses célibataires, même, officiellement Le Grand verre, froide et mécanique. Je n’y ai pas pensé. Pas pensé, parce que je ne l’ai jamais aimée, et jamais considérée comme une mariée non plus. « Plus douce » dit Sandra. Nous partons ensuite dans une réflexion sur l’usage de la plume comme matériel, puisque nous en avons fait usage toutes les deux. Moi sur mon bustier, elle, suspendues dans les airs comme échappées d’un oreiller. Elle a acheté du duvet d’oie, j’ai prélevé des animaux trouvés dans la nature. Sandra conclue à une référence plus sauvage et naturelle chez moi. De la plume domestique à la plume sauvage alors…

Rendez-vous pour le vernissage dans une semaine.

Beyond my Dreams, Galerie Mondapart, 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt

Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30, l'exposition se prolonge jusqu'au 5 mai. 

Horaires de la galerie : jeudi de 12h à 20h, vendredi de 11h à 19h, samedi de 15h à 19h et sur rendez-vous. 

 

Vernissage parisien

C'est avec plaisir et fierté que je vous convie au vernissage de l'exposition Beyond my dreams à la galerie Mondapart 

VERSO BEYOND FINAL

58ième Salon de Montrouge

Le salon de Montrouge, plus spécialement tourné vers la jeune création se déroulera cette année du 16 mai au 22 juin 2013 au Beffroi.

Léa barbazanges - Bitume 2005

La sélection des artistes a été dévoilée cette semaine, avec 77 jeunes artistes sélectionnés (et Olivier Marquet mon galeriste a coutume de dire que la jeunesse en peinture n’a rien à voir avec l’âge), parmi 2700 candidatures reçues.

J’ai étudié avec quelque impatience, les noms des candidats retenus, préparant une future visite et curieuse aussi de connaître la ou les « tendances ». Car la jeune création c’est avant tout un vivier, plutôt animé et foisonnant. On flaire, le nez au vent, ce que seront les artistes de demain. Il y a lieu de s’enthousiasmer de repérer tel ou tel avant l’heure de gloire. Galeristes, amateurs et collectionneurs sont à la recherche de ce futur. Car lorsqu’on s’intéresse à la création contemporaine, c’est justement pour approcher ce cœur palpitant, cette créativité active, dynamique et vivante.

A ce stade, l’œuvre est encore expérimentale, la carrière débutante. Le visiteur avance certes en toute liberté, mais sans guide. On peut être séduit pour de mauvaises raisons ou ne pas être touché ce jour-là par une œuvre qu’on aimera plus tard.

Mais l’on est là. Au cœur.

Je me garderai de commenter à cette heure la sélection de cette année. Il faut attendre de voir les œuvres. Disons simplement qu’elle est largement ouverte à des pratiques différentiées (dessin, peinture, sculpture et surtout installation, photographie, graphisme, art numérique, vidéo, webdesign), à des formations variées (Beaux-arts, Arts décoratifs, photographie, design, architecture, graphisme, musique, théâtre, journalisme, et même en marge ecole de commerce ou médecine). Un point négatif mérite peut-être d’être souligner; le risque de collusion entre des métiers spécifiques (architecte, designer, graphiste…) et l’Art, risque que l’on pourrait comparer à celui de voir se diluer la limite entre Art et arts décoratifs, arts appliqués ou artisanat d’art.

Pour le moment, je me promets d’aller voir les installations organiques de Léa Barbazanges (ma favorite à l’heure qu’il est), les peintures de François Machado architecte de formation et qui au gré de ses voyages dans les grandes capitales du monde ramène des tableaux de facture somme toute assez classique dont l’intérêt réside dans ce décalage entre le temps pris pour peindre et celui toujours plus rapide de nos déplacements, le travail d’Amélie Scotta autour de l’écriture, les perspectives paysagères d’Edouard Wolton.

Image : Courtesy Léa Barbazanges, Bitume 2005 - Bitume, câble - 18 x 18 x 300 cm

Quelques liens à toute fin utile :

Le Site officiel du Salon

Et quelques images vues sur le blog : http://www.paperblog.fr/6071304/le-58eme-salon-de-montrouge/

 

Le temps qu'il fait.

 

Pierre Bonnard, Antoine Emaz, Henri Cueco témoignent dans leurs carnets d'une attention particulière pofeuilrtée à la couleur du ciel.

Pourquoi le poète ou l'artiste prête-t-il, plus que tout autre, une attention à cet état du jour?

Parce qu'il regarde constamment par la fenêtre? Parce qu'il est distrait de son travail? Parce qu'il n'a rien de plus urgent à faire que de regarder la course des nuages?

Au contraire, c'est qu'il est attentif à l'état du monde, et que le temps qu'il fait en est la plus commune représentation.

Yeux ouverts.

Conceptualiser, c'est perdre le contact avec le temps qu'il fait. Que chacun se demande si la pluie lui tombe encore sur la tête.

Voilà d'où me viennent ou me restent mes motifs végétaux.

Ceci n'est pas un voile

C'est le titre du défilé/performance qui était orchestré place de la Concorde par Majida Khattari dans le cadre de la Nuit Blanche parisienne le 6 octobre dernier.

Majida Khattari, Nuit Blanche 2012

L'artiste d'origine marocaine désormais installée à Paris, faisait défilé sur une estrade une douzaine de femmes nues coiffées de foulards, cachées par des balustrades rayées, sur lesquels étaient projetées des images cultes d'égéries fémnines des années 60.

J'avais entendu sur les ondes relatée cette performance. Sensibilisée à la question des droits de la femmes, j'avais trouvé l'action délicate et digne d'intérêt. Dans le contexte international actuel et compte tenu de la médiatisation de divers événements qui concourt à la fois à dénoncer, mais aussi à entretenir les tensions en les pointant du doigts, cette performance qui exprime la situation complexe des femmes dans les sociétés islamiques contemporaines est courageuse.

Quelques jours plus tard, je recevais par mail le texte accompagnant la performance. Plutôt que de m'étendre plus largement, je vous invite tout simplement à le lire sur le blog de son auteur à la date du 10 octobre, Marie Deparis Yafil, critique d'art et commissaire indépendante.

J'ai moi-même choisi de reprendre ce texte. Il sera lu lors de l'inauguration de ma prochaine exposition, le 24 Novembre prochain à la Galerie la Métisse d'Argile.

Copyright © 2013 CLAIRE COMBELLES - Tous droits réservés - mentions légales